
Mow est sorti à l'occasion du salon d'Essen, et c'est peu avant sa sortie que Bruno Cathala m'a fait l'honneur de cette interview. Je la sors donc de mes archives, vous verrez qu'elle est toujours "à propos"...
Pourquoi choisir maintenant pour sortir cette interview Bruno ? A cause d'un déménagement, je n'ai pu la diffuser et puis le temps passe ... Pourtant, la sortie prochaine de Dice Town de Bruno arrive à point. Dice Town, c'est un jeu qu'il a réalisé avec Ludovic Maublanc et qui a pour thème le Far West. Jeu familial par excellence, il est édité par Matagot et illustré par Pierô. Vous pouvez vous rendre sur le blog de Bruno pour plus d'infos ICI
Bonjour Bruno, peux-tu te présenter ?
Bruno Cathala, 45 ans, plus toutes mes dents (le rugby, ça laisse des traces), papa de 2 enfants de 13 et 15 ans. Je suis avant tout quelqu’un de passionné. C’est cette passion qui me pousse à monter sur les planches (théâtre amateur), à gratter les cordes de ma guitare et de mon ukulélé, ou encore de rêver un jour d'être aussi scénariste de BD.
Peux-tu nous dire à quelle date remonte ta passion pour le jeu ? J’ai toujours aimé joué. Mais je dois beaucoup à la revue Jeux & Stratégie, et à Fief, le premier jeu qui m’a fait découvrir qu’il y avait une vie après le monopoly, le risk et le cluedo.
Depuis 2004, tu vis de ton activité du jeu. J'aimerais savoir à quoi ressemble la journée type de Bruno Cathala ? C’est pas évident. Je suis obligé de me terrer chez moi depuis que des milliers de femmes nues, attirées par les sommes absolument fabuleuses et indécentes générées par les milliards de jeu diffusés dans la galaxie, font le siège de ma demeure luxueuse. Heureusement, les services d’ordre réussissent généralement à maintenir un semblant de vie privée à grands coups de tazer.
Plus sérieusement… ma vie s’organise entre des petits boulots (vendeur en boutique de jeu), des déplacements pour bosser avec d’autres auteurs, pour aller sur des salons, du travail sur les jeux en cours de développement, de la recherche de nouveaux contrats au niveau jeu d’entreprise, de l’administratif (une entreprise, même toute petite, c’est très chiant à gérer) et mille et une autre petites choses de rien du tout mais qui prennent un temps fou.
Je ne me plaindrai pas, car j’ai conscience de la chance que j’ai eu jusque là côté édition.. mais je peux vous garantir que les nuit sont… courtes !
Par intermittence, je tente de réaliser mon jeu et je fais souvent face à des blocages qui font que ça ne fonctionne pas. Comment fais-tu face à un blocage ? J'imagine que tu as bien quelques projets inaboutis...
Si vraiment il y a blocage total, le mieux c’est de passer à autre chose, pour y revenir plus tard. Ou alors d’en parler avec quelqu’un d’autre (c’est pour ça que travailler à deux c’est bien sympa et fait gagner du temps). Ou alors… Personnellement, si je bloque, je vais faire du vélo. Un truc un peu long, difficile en regard de mon état de forme physique du moment. Du coup, j’en bave grave. Et lorsque le corps a mal, l’esprit a besoin de s’échapper. Et sans même vraiment le vouloir, les points de blocage reviennent en tête, et les solutions se trouvent d’elles-mêmes. C’est assez étonnant. Mais ça marche et j’ai finalement toujours fonctionné comme ça, y compris au cours de mes études, plus jeune.
Tu as réalisé la plupart de tes jeux en collaboration avec un autre auteur. J'aimerais savoir comment cela se traduit dans la conception d'un jeu : chacun travaille t'il de son côté ou chaque étape est elle réalisée conjointement ? Ou un peu des deux ?
C’est très variable. J’ai la chance de travailler en duo avec plusieurs auteurs aux personnalités très différentes. Et le mode opératoire est différent avec chacun d’entre eux. Bref, l’essentiel en matière de collaboration, est de trouver le mode opératoire qui permettra aux deux de s’exprimer au mieux.
Quand tu travailles sur un projet, pars-tu d'un thème ou d'un mécanisme ? Bref, comment abordes-tu un nouveau projet. J'imagine qu'en plus des concepts du jeu, il y a également un travail de recherche historique ou thématique pour plus de cohérence.
Thème ou mécanisme : les deux mon capitaine. Parfois l’un, parfois l’autre. De toute façon, je ne me suis jamais trouvé dans la situation du genre : « tiens, il faut que je fasse un jeu… mais qu’est ce que je pourrai bien faire ». Je suis toujours parti d’une idée qui est venue spontanément, thème ou mécanisme selon le cas, et que j’ai ensuite développée méthodiquement.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui désire se lancer dans la conception de jeux ? Déjà de bien connaître et se nourrir de l’existant. Ensuite de tester tester tester tester… avec des publics très différents qui sortent de l’entourage immédiat Ensuite de bien garder un esprit critique par rapport aux remarques de ces testeurs : il y a toujours à prendre.. mais aussi toujours à laisser. Enfin, si l’objectif est l’édition, faire les salons et les concours.
Tu es, me semble t'il, un grand amateur de BD. En outre, de nombreux joueurs dont je fais partie sont très sensibles aux illustrations (ah, si je savais dessiner !!). As-tu la possibilité d'imposer tes goûts / idées aux éditeurs concernant les illustrations ou as-tu des contraintes ?
Généralement, il ne faut pas oublier que la charte graphique du jeu est le privilège de l’éditeur. Imagine par exemple « Les chevaliers de la table ronde ». En arrivant chez DoW, on aurait pu proposer n’importe quoi, les dessins auraient de toute façon été faits par Julien Delval, parce que c’est la charte graphique de l’éditeur, pour une homogénéité de gamme.
Ceci dit, d’une part les éditeurs nous présentent presque toujours les crayonnées, et nous sommes force de proposition, avec une marge de manœuvre variable selon l’éditeur et le projet, et d’autre part, si tu trouves que les graphismes de tel ou tel éditeur ne te plaisent pas, le mieux c’est de ne pas leur proposer ton jeu à l’édition !
S'il ne devait rester sur Terre qu'un seul jeu, lequel sauverais-tu ? (Non, pas le mien, il n'est pas achevé !!)
Ricochet robots
Peux tu nous parler de ton prochain projet / jeu ?
J’aurai à Essen un tout petit jeu de cartes de rien du tout, règles super simples, dans la famille d’un coloretto, ou d’un 6 qui prend, super addictif. Ça fait un an que le proto tourne, et les amis avec qui je prends le café le midi me le réclament tous les jours alors qu’ils ne sont pas joueurs du tout. Un signe qui ne trompe pas. Maintenant.. quel sera l’accueil qui lui sera réservé.. mystère !! Je ne peux cependant pas en dire beaucoup plus, l’éditeur préférant communiquer par lui-même dans quelques jours.
Mais j’ai ensuite 3 autres jeux qui devraient voir le jour en 2009 si tout va bien.
Seras-tu à Essen cette année ? Oui !
Merci pour ta collaboration. Et d'avoir conçu La Fièvre De l'Or qui m'a fait redécouvrir les jeux de société et inspiré le nom de mon site... Merci à toi.. Rendez-vous à Essen ?
Pour gagner - peut être - un exemplaire, il vous suffit de m'envoyer un message en m'indiquant combien de réponses j'aurais obtenues pour ce concours. Simple ?
Pour départager les éventuels ex-aequo, vous indiquerez également le nombre de jeux que j'ai acquis depuis le 1er janvier 2009.
Résultats du concours le 15 mars.
Bonne chance